20ème étape - Brive la Gaillarde-Le Puy de Dôme 
Jacques ANQUETIL et Raymond POULIDOR au coude à coude
Le Puy de Dôme - 1465 mètres d'altitude - 11 kilomètres d'ascension
Il existe, de tout temps, des légendes tenaces qui perdurent et laissent
apparaître des stigmates indélébiles dans la mémoire collective. Plus que
des victoires, relatées au sein d'ouvrages multiples et condensés, se sont
des situations de course qui s'emparent de l'esprit en éveil de ceux qui les
ont vécu. Elles vagabondent, errent puis s'évanouissent imperceptiblement
dans un profond sommeil apaisant. Pourtant, incidemment, elles ressurgissent
parfois aux détours d'une banale et anodine évocation, d'une énième commémorations
blafardes et trop souvent tendancieuses ou bien lors de manifestations ayant
pour théâtre le lieu "incriminé". Des exemples, j'aspirerai volontiers
à en exhumer quelques un avec parcimonie, toutefois, celui qui nous occupe,
aujourd'hui, apparaît sans conteste le plus représentatif et le plus atypique
car il outrepasse, sans concession aucune dans les faits, toutes notions
de clivage, même "ancestraux". "Ancestraux" car l'antagonisme
"primaire" mais sulfureux des deux clans qui vont s'affronter en ce
12 juillet 1964 sur les pentes, surchauffés et inondés de milliers d'âmes
en délire, du "Géant Auvergnat", semble ne jamais avoir connu d'éclosion
ponctuelle.
En effet, l'animosité qui gangrène les "Anquetilistes" et les "Poulidoristes",
immuable fil rouge des drames, joies et moult aléas des saisons qui se succèdent,
à l'aube des années "Yéyé", s'identifie plus à un conflit social
traditionnel qu'à une simple "guéguerre" entre deux corporations
partisanes. Les deux Champions, que tout oppose pourtant, sont les otages, en
quelque sorte, de ces houleux élans de générosités exacerbées. Ce plébiscite
au combat, armés par des inconditionnels de tout horizon, Anquetil et Poulidor
demeureront à jamais l'ultime icône d'une liesse populaire à nulle autre
pareille. La "Petite Reine" chante les louanges de sa notoriété
grandissante, elle est à son apogée, elle trône au firmament des disciplines
sportives. Ne cherchons pas plus avant les raisons de la lancinante désaffection
actuelle de notre sport. Et oui, le sport, en général, et le cyclisme, en
particulier constitue, par l'intermédiaire de nos idoles, l'implacable et le
réel reflet de notre société. Jamais nous ne rendrons assez hommage, pas
plus que nous ne loueront, à leurs justes valeurs, les mérites de nos deux
"Tourtereaux" pour l'élan incommensurable qu'ils ont injecté à
la passion qui nous anime encore aujourd'hui, nous leurs contemporains.
Le peloton qui s'élance de Brive, ce 12 juillet, a des allures de randonnée
cyclotouriste en villégiature. Les Pyrénées absorbés, les sans grades hument,
avec une certaine délectation, les toutes proches vapeurs de toxines des taxis
de Paname. La satisfaction du devoir accompli empli de joie et de fierté ces
"galériens" trop souvent méconnus. Dieu sait pourtant s'ils en ont
bavé, les bougres. "Esclaves" invétérés de leaders charismatiques
mais machiavéliques, ces besogneux ont oeuvré sans cesse dans l'ombre de leurs
tortionnaires. La caricature est à peine teinté d'exagération, loin s'en
faut. Le travail harassant de fourmi zélée qu'ils ont accompli sans rechigner,
le sacrifice inhumain consenti, dont ils ont du faire preuve pour ne pas laisser
tout choir au détours d'un lacet, ont permis à leurs "bourreaux"
de se hisser au sommet de la hiérarchie des grands de ce Tour. Pour des émoluments
finaux frisant, pour beaucoup, l'obole vespérale des "Culs Bénis"
indécrottables, ces "miséreux" du macadam ont frôlé la correctionnelle
en de maintes occasions sans jamais n'éprouver le moindre remord ni le plus
petit soupçon d'amertume envers leurs "tortionnaires". Alors, oui
ils s'abandonnent à leur "fôlatrie" Corrézienne et se laissent
griser au son improbable de l'accordéon d'un Jean Ségurel, grand "Chambellan"
d'un "Bol d'Or des Monédière", qui rugira bientôt à deux pas d'ici.
Bien sûr, ils ont conscience de la présence du volcan impitoyable mais ils
subodorent, avec malice et détachement, que les "cadors" préfèreront
régler leur différent en petit comité.
Il est vrai qu'il est imposant ce gigantesque gâteau d'anniversaire, comme
le dépeint à merveille Pierre Chany. Cela étant, il est indéniable que son
ascension est une affaire de "Pit Bull". Eux, les "caniches"
bien nés et dociles, ne possèdent en aucun cas, la denture assez acérées
pour se mêler à cette joute finale. Ils l'aborderont donc avec toute l'humilité
qui sied à merveille à leur modeste mais ô combien coriace talent de baroudeurs.
Le soleil est maintenant à son zénith en cet après-midi d'été "meurtrier".
La "mort" rôde et s'apprête, envoûtante et insidieuse, à frapper,
sans scrupule aucun, l'un des deux protagonistes à la victoire finale. La France
entière est en haleine. Un mélange de fièvre et de jouissance s'empare des
deux communautés ambivalentes. Un homme politique très en vue, de l'agonisante
cinquième république, vouait un véritable culte aux appellations "Noblesse"
et "Tiers état". Ce cliché n'a jamais été aussi présent que ce
12 juin 1964. Les sarcastiques et soucieux, néanmoins, suzerains "Anquetilistes"
face aux "rustres" et "paysans" Poulidoristes". Le
décor est planté, place aux actes.
Le Puy de Dôme se dresse, maintenant, devant les "sautes-ruisseau".
Majestueux et fier, l'abrupt piton rocheux ne fera aucune concession aux faibles
et aux inopportuns, qu'on se le dise. Hilare et jubilatoire, il énumère les
carrières qu'il a brisé, les coups de pompe qu'il a asséné et les "sorcières
aux dents vertes" qu'il a distribué sans préjugé des conséquences.
Il se donnera, s'abandonnera puis enfin épousera le plus à même de le dompter.
Déjà le peloton se trouve scindé en deux groupes. Les ténors, soucieux d'en
finir au plus tôt, se sont poster aux avants postes afin d'éviter toutes mauvaises
et désagréables surprises. Ce groupe d'une trentaine d'unités, tel un serpentin
multicolore, flirte avec les premières rampes de "l'Ogre Bougnat".
Ce sont les prémices d'un carnage annoncé. La foule dense et bruyante s'ouvre,
telle des pétales, devant l'avant-garde des fantassins. Les généraux, bien
calfeutrés au sein du contingent, se toisent furtivement et se protègent des
élans d'enthousiasme d'un public farceur et primesautier. L'expression faciale
de ces coursiers pourrait s'apparenter à une palette de couleurs, d'un impressionniste
anodin, où la peur, l'anxiété, la sérénité, l'angoisse y serait mêlé.
La chaleur a, depuis un moment déjà oeuvré au détriment de ces guerriers
de l'apocalypse. La sueur, fidèle compagne de juillet, goutte puis ruisselle
inexorablement le long de ces corps meurtris. Les maillots détrempés et souillés
collent tels une seconde peau. Un désagrément suave, si l'on peut dire, avant
la souffrance insoutenable proprement dite.
En file indienne, debout sur leurs étriers, les éclaireurs progressent et
ouvrent la route. Déjà, "Maître jacques" et "Poupou"
ne se lâche pas et moulinent côte à côte. Le démarrage de Julio Jimenez
a lieu à l'endroit même où la route se dresse comme un mur à l'embranchement
de la montée vers l'observatoire. L'attaque est tranchante, incisive et sa
fulgurance a le don de sortir le groupe, en état de somnolence, de sa torpeur.
Aussitôt, l'Aigle de Tolède lui emboîte la roue arrière en gesticulant comme
un damné. Les deux "mouflons Ibères" enivrés par le parfum des
cimes, sont dans leur élément et ils le démontrent de fort belle manière.
Derrière, le trou est ébauché, c'est la débandade. Le groupe est éparpillé
sur tout le flan de la montagne vengeresse. Seuls, Anquetil et Poulidor ne se
sont pas encore désunis. Ils peuvent même apercevoir les deux voltigeurs
hispaniques au détour d'un virage. Derrière les deux belligérants, c'est
la curée. Le "Colosse de Mannheim" tente bien un rapproché sur les
deux Français mais les quatre vingt kilos, qu'il accuse sur toutes les balances
de la planète, sont autant de handicaps rédhibitoires pour entretenir l'espoir
d'un retour, quoique.
Pendant que le duo Espagnol caracole et virevolte en amont de la course, nos
deux "Chouchous" s'étalonnent courtoisement. Anquetil, prudent comme
à son habitude, se trouve du côté de la paroi rocheuse, Poulidor, moins regardant
mais tout aussi prudent, flirte dangereusement avec le précipice. En fait,
le Limougeaud s'est octroyé la place que le Normand à bien voulu lui abandonner.
Les deux "faux frères" sont dorénavant épaule contre épaule, ils
s'effleurent, se touchent parfois, épisodiquement et imperceptiblement, mais
jamais ô grand jamais leur regard ne se rencontre. Chacun à son tour tente
d'impressionner son compagnon de galère en le devançant d'un boyau à la faveur
d'un lacet par exemple, ou bien en se dressant prestement sur les pédales,
mimant une probable et utopique attaque, en pure perte cependant. Ils se connaissent
parfaitement nos deux héros. Certains, et non des moindres, décèleront une
once de bluff de la part d'un des deux ou des deux antagonistes lors de ce mano
a mano. A scruter les visages décomposés des deux hommes, j'éviterai de souscrire
à cette éventualité. A un peu plus d'un kilomètre du sommet, alors que les
deux fuyards ont course gagnée, le Normand donne les premiers signes de l'homme
qui va céder.
Aplati comme rarement sur sa monture, le natif de Mont-Saint Aignan commence
à arpenter la chaussée avec difficulté. Poulidor poursuit à son rythme.
Mètre après mètre l'écart évolue au bénéfice de l'enfant de Saint-Léonard
de Noblat. Ce dernier n'a nullement attaqué, ni même haussé la cadence à
l'inverse Anquetil s'est littéralement liquéfié. Les mètres se sont transformés
en hectomètres et le suspens est à son comble. La foule hystérique vocifère
et gesticule dans un galimatias sonore assourdissant. Le contraste entre les
deux opposants est affligeant car il ne donne aucun signe distinctif sur l'état
de fraîcheur des deux Français. En effet, les deux sont dans un état de fatigue
très avancée. La défaillance a embrumé un temps la vision teinte d'opacité
du Normand mais celle ci s'est évaporé avec décence. Le Limougeaud, quant
à lui, le regard fixé sur l'horizon d'un énième virage laisse apparaître
le rictus du "tueur". Les secondes s'égrainent toutefois en faveur
du coureur de "Tonin". Aura t'il assez de ressources pour poursuivre
son chemin de croix et ainsi revêtir le maillot jaune au sommet de l'épouvantable
Puy de Dôme ?
La France retient son souffle. A l'avant, Julio Jimenez a décramponné aisément
son compatriote vieillissant Federico Bahamontes, dans les ultimes kilomètres
pour s'en aller cueillir une victoire de prestige devant tous le parterre de
favoris. L'empoignade se poursuit à l'arrière : Poulidor, l'animal blessé,
s'arc boute sur sa machine et brûle toutes les dernières cartouches qu'il
possède encore en son sein. Cela suffira t'il ? Anquetil, le fier hidalgo,
a perdu de sa superbe. L'instinct de survie lui permet de croire encore au miracle.
Lui, l'esthète de l'effort solitaire a tout d'une fleur fanée qui ploie sur
sa tige pour choir finalement, sans vie. Nos deux "Seigneurs" tels
des duellistes de la Garde des Mousquetaires du temps jadis, s'escriment à
fleuret non moucheté au paroxysme de l'effort, le coup de grâce comme vecteur
commun, le KO flotte dans l'air pur des monts environnant. L'oreille scotchée
au transistor, le regard vissé au téléviseur, le versatile peuple "François"
extrapole, fabule, exulte puis frémi, renâcle et soupire. Il trépigne, hurle
son admiration ou sa haine. Du jamais vu dans les annales de la course. Enfin,
quand Raymond Poulidor apparaît en vue de la ligne, c'est du délire orgiaque
de la part de ses fans. Portés comme jamais auparavant, peut être, les dents
serrées, la bouche béante il feint un semblant de sourire avant de s'affaler,
épuisé, sur le guidon de son vélo.
A quelques encablures en aval, Vittorio Adorni, le "Showman", un moment
débordé par le rythme effréné des hommes de tête, parvient, dans son style
pas très académique mais diablement efficace, à se ressaisir promptement.
Apercevant Anquetil en point de mire malgré la marée humaine, l'ancien confectionneur
de macaroni chez Barilla, remonte irrésistiblement, se hisse à la hauteur
du Normand et le dépose là, dans la foulée, sans autre forme de procès.
Quand, à son tour, Jacques Anquetil se libère de la marée humaine qui a pris
possession de la route, il présente un visage déformé par l'effort, blême
comme un linceul immaculé. Il accroche plus qu'il ne franchit la ligne d'arrivée
salvatrice sous les encouragements chauds mais distingués de ses inconditionnels
et les quolibets "poétiques" de ses détracteurs.
Tout ça pour ça ! Pour quatorze secondes, le futur premier quintuple lauréat
du Tour de France, poursuivra sa marche triomphale jusqu'à Paris. En effet,
à sa descente de vélo, Anquetil eu cette phrase sibylline mais significative
du combat dantesque livré et de l'animosité au caractère irascible qui règne
entre les deux hommes : "Si Poulidor m'avait pris le maillot, je rentrais
à la maison ce soir !" Quand on songe pourtant que le dernier chrono
lui aurait sans doute permis de le récupérer, ses mots "violents"
assénés dénotent une extrême lassitude physique et mentale. Poulidor pour
sa part, revendiquera une erreur de braquet pour tenter d'expliquer sa stagnation
suite à son envolée improductrice. Lorsque "Tonin" lui demande alors
pourquoi il n'était pas allé reconnaître, comme promis, l'ascension du Puy
de Dôme, "Poupou" lui rétorquera aussitôt : "En effet,
je n'ai pas reconnu la montée, mais avant le départ de Rennes je m'y suis
rendu, malheureusement, on m'a interdit de monter au dessus du péage ! C'est
défendu en temps normal. Alors je ne savais pas exactement ce qui nous attendais
!".
Un bras de fer, un duel aux couteaux, un combat des chefs, voilà ce que les
passionnés demandent et suggèrent à leurs héros. La dramaturgie au comble
de l'étourdissement. Les radios reporters de l'époque ont su rendre du relief
à l'évènement. A l'époque, ils maîtrisaient, à la perfection, l'art du
commentaire. Ils n'omettaient jamais de dépeindre les moindres faits et gestes
des acteurs en pleine lumière. Leur élocution sans faille, et leur profonde
culture achevaient de les rendre indispensable au drame qui se nouait. Cette
page d'anthologie a laissé des traces dans la mémoire collective. Elle éclabousse
de son empreinte, malgré le poids des ans, chaque retour du Tour, en ce lieu
Saint. Citer le Puy de Dôme, à la ronde, et des milliers d'yeux émerveillés
vous toiseront et vous répondront à l'unisson, "J'y étais !"
pareil à un remake des grognards de la Grande Armée impériale. Pourtant,
l'affrontement n'a duré que quelques kilomètres, ne s'est déroulé que dans
un laps de temps des plus restreint. Alors ? Alors, l'atmosphère ambiant associé
à deux combattants hors normes a fait le reste, dit on !
Michel Crépel
BRIVE-CLERMONT-FERRAND/Puy de Dôme, 237.5 km

St Privat (3-421) -> Jimenez
Puy de Dôme (1-1415) -> Jimenez
1. Julio Jimenez en 7h09'33" (Moy : 33.174 km/h)
2. Bahamontes à 11"
3. Poulidor à 57"
4. Adorni à 1'30"
5. Anquetil à 1'39"
6. Anglade à 1'59"
7. Foucher à 2'04"
8. Gabica à 2'32"
9. Manzaneque à 2'46"
10. Janssen à 3'22"
11. Junkermann à 3'26"
12. G.Groussard à 3'35"
13. Zimmermann à 3'58"
14. Galera à 4'03"
15. Mattio à 4'15"
16. G.Desmet 1 à 4'21"
17. Altig à 4'44"
18. Simpson à 4'47"
19. Elorza
20. Monty
21. Hernandez à 5'27"
22. Uribezubia à 5'30"
23. Martin à 5'35"
24. Kunde à 5'56"
25. Babini à 6'11"
26. Duez à 6'21"
27. Gainche à 6'29"
28. Novalès à 7'15"
29. Mazzacurati à 7'33"
30. Wouters
31. Otano à 7'46"
32. Van Tongerloo à 8'11"
33. Franchi à 8'18"
34. Pinera à 8'46"
35. Beheyt
36. Van Aerde à 8'58"
37. G.De Smet 2 à 9'31"
38. Pauwels à 9'35"
39. Barrutia à 9'52"
40. Fantinato à 9'54"
41. De Roo à 9'56"
42. Stablinski à 9'58"
43. Rostollan
44. Van Schil à 10'08"
45. Poulot à 10'15"
46. Epaud à 10'20"
47. Vermeulen à 10'28"
48. Everaert à 10'32"
49. De Haan
50. Zilverberg à 10'38"
51. Sels à 10'49"
52. Denson
53. Haast
54. Vandekerkhove
55. J.Groussard à 11'09"
56. Hamon à 11'14"
57. Pambianco à 11'16"
58. Geldermans à 11'23"
59. Genet à 11'25"
60. Darrigade à 11'32"
61. Le Menn à 11'35"
62. Cazala à 11'39"
63. Novak
64. Mastrotto
65. Aerenhouts à 11'54"
66. Honrubia à 12'28"
67. Delberghe
68. Sorgeloos
69. Ferrer
70. Bertran à 12'38"
71. Segu à 12'42"
72. Milesi
73. Claes à 12'46"
74. Vyncke à 13'08"
75. Brands à 13'44"
76. Graczyk à 14'30"
77. Wright à 15'13"
78. Derboven à 15'29"
79. Hoban à 16'26"
80. Minieri à 17'36"
81. Nijdam à 18'21"
Classement général :
1. Jacques Anquetil en 113h25'53"
2. Poulidor à 14"
3. Bahamontes à 1'33"
4. Anglade à 4'21"
5. G.Groussard à 6'49"
6. Foucher à 7'55"
7. J.Jimenez à 8'31"
8. G.Desmet I à 10'25"
9. Junkermann à 10'49"
10. Adorni à 12'41"
11. E.Martin à 21'13"
12. F.Manzaneque à 30'01"
13. Kunde à 39'16"
14. Simpson à 39'46"
15. Galera à 39'55"
Tour
de France 1964
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